
Il y a une phrase qu'elle m'a dite un jour, et qui me revient souvent en tête, ces derniers temps... Elle m'a dit, un jour: "J'aimerais bien qu'un jour, tu m'annonces que tu es amoureuse..." Cette phrase a déjà fait l'objet d'un article. Elle va faire l'objet d'un second.
Non, je n'ai toujours pas matière à lui annoncer la bonne nouvelle. Même si je viens de relire tous mes articles, publiés ou non, qui parlaient de lui. Et même si, avant ça, j'ai relu tous les messages de Teen J. qui parlaient aussi de lui, y compris celui où elle m'a annoncé la soi-disant réciprocité de ce que je refuse d'appeler des sentiments, et qui a curieusement l'air de moins en moins vrai... Non, je ne suis pas amoureuse d'un type que je ne connais pratiquement pas. Mais pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression que ça pourrait venir. Un jour, j'ai dit:
« "J'aimerais bien qu'un jour, tu m'annonces que tu es amoureuse..." Mouais. Si je le lui annonçais, m'étonnerait fort que ça lui fasse plaisir. Qu'est-ce qu'elle veut que je lui dise? Que je l'ai encore et toujours dans ma putain de peau jusqu'à avoir par moments envie de l'arracher? Que même en m'étant fait une raison, je suis incapable d'éprouver quoi que ce soit pour d'autres personnes qu'elles? Que, même si je ne la veux plus, elle, je n'en veux pas d'autre pour autant? J'avais réussi à combler une première fois le vide que sa place vacante avait laissé dans ma vie. Elle a réussi à s'y nicher de nouveau, pour finalement repartir. Je ne veux plus combler cette place; peut-être que la savoir à pourvoir lui enlève la tentation de l'occuper de nouveau. Elle ne veut pas l'occuper elle-même, mais ne veut y savoir personne d'autre. Et je veux exactement la même chose. Pas elle ou personne. Ni elle, ni personne. J'ai un putain de coeur, en fin de compte. Facile à briser et, ce qui est plus douloureux je crois, facile à recoller. Mon amour propre aurait préféré que les plaies restent ouvertes. Mon amour pour elle en a décidé autrement. Je suis guérie et ne veux pas l'être.
Et je me demande de quoi je souffre.
Eh bien, amis, je ne souffre plus.
Quant à l'autre grand imbécile qui était là pour guider mes premiers pas à côté du fil de rasoir sur lequel j'ai marché de douze à quatorze ans, ah, oui, je l'ai retrouvé... Et j'ai compris des choses. Et ce coup-ci, c'est lui qui m'a perdue. Définitivement. J'ai fait un grand ménage. Ces gens que je croyais essentiels à ma vie, lui dont je me suis languie pendant quatre années sans m'expliquer sa disparition, et qui en fait n'est qu'un pauvre taré masochiste complètement stupide... Elle, à qui je souhaite tout le bonheur du monde mais auquel, même si je le pouvais, je ne voudrais surtout pas prendre part...
Tout ce que je veux maintenant, c'est vivre. Sans dépendre de personne. Sans m'isoler pour autant. Avoir des rapports sociaux et affectifs à peu près sains. Ne plus servir de psychothérapeute à une brochette de graves névropathes sous prétexte que je les aime. Ne plus me laisser phagocyter, parasiter, envahir. Avoir suffisament de place en moi pour moi, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps.
Débarassée de son spectre, je l'ai vu lui. Débarassée de son ombre, j'ai été visible à ses yeux. Je me construis maintenant, trop tard, tout ce qui aurait dû s'opérer en moi au début de mon adolescence s'opère maintenant, avec les peurs inhérentes à l'entrée dans l'âge adulte, je suis jetée dans la cour des grands sans passage préalable par le bac à sables... Je peux dire merci à tous ces cons pour ça. Mais ce serait leur accorder beaucoup trop de crédit. Alors je leur dis simplement merde. Et je vais de l'avant.
Image: Ashes by Basistka
Musique: Cinema Strange - Speak, Maurauder!


